Pour les fêtes, poissons et crustacés vont remplir nos assiettes. Mais, en magasin ou chez le poissonnier, comment choisir les spécimens pêchés, voire élevés, dans des conditions en accord avec nos valeurs ? Pour vous y aider, UP le mag revient sur deux certifications phares de la pêche et de l’aquaculture.

Cette année encore, le saumon va s’inviter sur nos tables le jour de Noël ou au Nouvel An. En 2015, pas moins de 36 900 tonnes ont été consommées, ce qui fait des Français les plus gros mangeurs de salmonidés en Europe, devant les Allemands.

Mais pour bien choisir, il ne suffit pas de trancher pour une marque bio. Selon une étude de 30 millions de consommateurs (analyse sur 10 pavés et 15 variétés de saumon fumé), parue en novembre dernier, le saumon bio est davantage contaminé par des résidus de pesticides que le conventionnel. Plus grave : le poisson star des fêtes est menacé dans l’Atlantique Nord. Pollution, surpêche : les stocks diminuent drastiquement depuis plusieurs années… Zoom sur les labels ASC et MSC, porteurs de solution.

Pour aller plus loin : le rapport « Planète Vivante Océan 2015 » de WWF révèle un déclin de 49 % des populations marines en seulement 40 ans.

À lire aussi : Consommez du poisson durable pour changer le monde

Saumon à l’élevage éthique

ASC poisson

Le label Aquaculture Stewardship Council (ASC), fondé par WWF et l’organisation hollandaise IDH en 2009, s’engage à certifier le poisson biologique, dont l’élevage respecte l’environnement et la biodiversité locale. L’ASC, qui désigne les organismes de contrôle indépendants, prône une aquaculture responsable évitant au maximum le taux de mortalité. Cela concerne en majorité le saumon, mais d’autres espèces aussi comme le panga. Plus de 300 fermes sont actuellement labellisées, dont 80 en Norvège et quelques-unes au Vietnam et au Chili, rapporte l’AFP, cité par de nombreux médias. Les grandes enseignes Ikea et Carrefour se sont engagés à en vendre dans plusieurs de leurs magasins franciliens.

À lire aussi : Poisson : il est urgent d’opter pour une consommation durable 

L’étiquette bleue « pêche durable » blâmée 

msc poisson pêcheL’organisation à but non lucratif et indépendante qui délivre le label MSC (Marine Stewardship Council), reconnaissable grâce à l’étiquette bleue, assure certifier 10% des captures mondiales de poissons sauvages (275 pêcheries). L’idée de cette certification co-créée par WWF (et Unilever, en 1997) : favoriser la pêche durable et respecter les écosystèmes marins. La liste des poissonneries est à retrouver en ligne.

Mais l’organisation est sur le feu des critiques. Déjà en 2011, Amelie Lescroel, à l’époque chercheur en écologie, et Sylvain Angerand, des Amis de la terre – France, écrivait sur Rue89 : « Levons le voile sur le grand mystère : le MSC est un système contrôlé par l’industrie et les pays développés et ils ne s’en cachent pas. »

Quatre ans plus tard, c’est le choix de labelliser une pêcherie d’empereurs néo-zélandaise du groupe Deepwater, qui pose problème. La décision a été vivement attaquée par plusieurs ONG, dont WWF et Bloom, qui a intégré en juin 2016 le conseil des parties prenantes du MSC, dont le rôle est d’apporter des recommandations à la direction de MSC. « Notre approche de gestion a été largement modifiée depuis les premières années et est maintenant très précautionneuse », s’est défendu George Clement, directeur général de Deepwater cité par Science et Avenir. Et cette certification ne concerne pas toutes les pêcheries de cette espèce de poisson. C’est peut-être l’occasion de privilégier l’approvisionnement plus local.

Pour aller plus loin : On peut aussi consulter le conso-guide de WWF pour éviter de consommer des poissons menacés et trouver des recettes de cuisine

couv_up13Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article « Déchiffrage : Le bio s’installe durablement » dans la 13ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 1 Avis

Commentaires