L’association a lancé, en novembre, une boutique en ligne, Label-Emmaüs, pour vendre les objets de seconde main qu’elle retape au quotidien. Les revenus dégagés servent à financer l’accueil des personnes en situation d’exclusion au sein de la structure.

Sur la boutique en ligne, on trouve des objets de décoration, des luminaires, des vêtements de récup’, des livres d’occasion, des jeux d’éveil pour enfants ou, encore, des meubles… En tout, près de 3 000 produits – donnés par des particuliers – dans le but de valoriser les espaces de vente d’Emmaüs, dispatchés sur le territoire. On en compte 350 mais seules 25 boutiques « pilotes » ont participé au lancement. « Il était urgent qu’elles se dotent d’une vitrine digitale, lâche Maud Sarda, co-fondatrice et directrice de cette plateforme, Label-Emmaüs.

Les boutiques d'Emmaüs

Chaque année, Emmaüs, lancée par l’abbé Pierre en 1949, récupère 285 000 tonnes de marchandise, des dons que les compagnons retapent au quotidien. Selon Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France interrogé par Magnum la radio, la structure prônant une économie plus humaine, plus solidaire, est certes connue mais « les personnes n’ont pas forcément ce réflexe d’aller dans les salles de vente ».

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Formation et embauche

Maud Sarda qui réfléchit au projet depuis 2014, embraye : « Le but du jeu est de faire connaître les espaces de vente physiques de la structure, toucher un nouveau public pour lequel internet est un média incontournable, proposer un modèle alternatif dans le paysage du e-commerce classique et développer de nouvelles compétences pour des personnes en situation d’exclusion. »

Prendre en photo un objet pour le valoriser, le présenter, fixer un prix, gérer une commande et la livrer à domicile… L’association a formé les équipes des espaces pilotes à de nouveaux métiers. Et compte aussi embaucher des personnes en insertion en 2017. Et ce, dans le domaine du service client et de la vente en ligne de mobilier de bureau qu’Emmaüs intégrera d’ici mars 2017 dans son catalogue numérique. Celui-ci comprend aussi des objets de création, imaginés par des réparateurs.

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55 000 transactions en 2019 ?

Pour l’instant, la boutique en ligne est gérée par les six salariés d’une coopérative d’intérêt collectif, créée à l’occasion. Chacun peut devenir sociétaire, à partir de 20 euros. But de l’opération : obtenir un droit de vote en assemblée générale et participer à la gouvernance de la structure. Maud Sarda tient à préciser : « 1 personne = 1 voix, quelque soit le montant des parts. Et il n’y a pas de dividende, ni de capitalisation. Nous rejoignent des actionnaires qui ne veulent pas gagner d’argent, mais soutenir un projet alternatif ! »

Label-Emmaüs, qui peut livrer à domicile si le consommateur ne peut se rendre sur place pour chercher l’objet acheté, espère effectuer 55 000 transactions en juin 2019. Pour y parvenir, la boutique en ligne mettra en vente 40 000 objets d’ici six mois et, dans les cinq ans, 500 000 objets issus des collectes de dons.

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Retrouvez l’article « La seconde vie des appareils électroniques » dans la 10ème édition d’UP le mag

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