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Petit nouveau sur la scène politique française, le Parti animaliste vient officiellement d’être lancé. Composé de militants associatifs, d’avocats et de politiques, son but est de remettre au centre du débat public la question animale. Sa coprésidente et porte-parole Isabelle Dudouet-Bercegeay a répondu aux questions d’UP le mag.

Un professeur des écoles, une ingénieur en informatique, une animatrice sociale, un étudiant en Sciences politiques, une avocate, une salariée dans le domaine de la santé. Ils ont entre 27 et 49 ans, et ont fait de la défense des animaux leur cheval de bataille. Après s’être rencontrés en 2014, lors d’un colloque sur la question animale, ces six Français ont décidé de fonder leur parti politique, le Parti animaliste. Créé en mars 2016 et lancé il y a quelques jours, il recense déjà une centaine de membres et compte bien apporter sa patte dans le paysage politique français.

UP le mag : Pourquoi un parti uniquement dédié à la cause animale en France ?

@PartiAnimaliste

Les fondateurs du Parti animaliste lors de son lancement officiel, le 14 novembre 2016.

Isabelle Dudouet-Bercegeay : Lors de sa création, nous nous sommes posé la question de savoir si nous devions parler d’autre chose. Finalement, nous avons opté pour le mono-thématique, c’est-à-dire exclusivement sur la question animale qui est complètement marginalisée par les autres partis politiques. Notre objectif est donc de lui donner plus de visibilité et de montrer qu’il y a bien un électorat qui lui est propre. À savoir : d’après un récent sondage Eurobaromètre, 88% des personnes interrogées estiment que le bien-être des animaux devrait être mieux protégé qu’il ne l’est actuellement.

La question animale qui est complètement marginalisée par les autres partis politiques

Quels sont vos liens avec les associations animales ?

Même si la plupart des cofondateurs font aussi partie d’associations pour la protection animale, nous sommes indépendants. En revanche, si des associations sont en accord avec notre charte des valeurs et notre programme, elles peuvent apporter leurs revendications. Nous avons d’ailleurs prévu l’organisation d’un comité d’experts dans lequel pourront figurer des personnes qui viennent du milieu associatif, mais pas que, et qui ont acquis une expertise dans leur domaine.

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Les ONG lancent un manifeste pour la protection des animaux

L214 ainsi que 25 autres ONG de protection animale (la Fondation 30 millions d’amis, Peta, la SPA, Sea Shepherd, etc.) ont publié mardi un manifeste, qui formule 30 propositions visant à inscrire la condition animale dans le débat politique. @L214

Quelles sont les mesures phares de votre programme ?

Pour pallier à l’actuel vide juridique, nous proposons entre autres d’adosser à la Constitution française une Charte de la protection animale, reconnaissant le caractère sensible des animaux, leur intérêt à ne pas souffrir et les responsabilités qu’ont l’État et les citoyens envers eux. Nous souhaitons également créer un ministère de la Protection animale ; renforcer les sanctions prévues pour les infractions envers les animaux, les contraventions ne produisant pas d’effets suffisamment dissuasifs ; ainsi que réduire, par rapport à 2015, la consommation de produits animaux de 25% à l’horizon 2025.

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Comptez-vous présenter un candidat à la présidentielles de 2017 ? 

Pour les législatives, nous allons présenter des candidats dans les différentes circonscriptions, mais pas à la prochaine présidentielle. Nous n’avons pas décidé de nous rapprocher d’un candidat en particulier. Nous pensons en effet que la question animale, comme la question écologique, est transversale. Elle concerne tout le monde, que l’on soit vegan ou pas.

La question animale, comme la question écologique, est transversale. Elle concerne tout le monde.

Et l’Homme dans tout ça ? 

Nous ne l’oublions pas puisque l’humain fait partie du règne animal. La volonté de mettre une barrière entre les autres animaux et nous-mêmes est d’ailleurs assez récente en Occident. Aujourd’hui, la science montre bien que cette frontière est de plus en plus ténue puisqu’on sait désormais que les animaux ont des émotions, des capacités d’adaptation et souffrent physiquement. Il devient donc difficile de dissocier les deux sachant d’autant plus que le sort des uns est lié à celui des autres.

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Retrouvez l’article « Produire de la viande bovine dévore notre planète » dans la 10ème édition d’UP le mag

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