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Elle aurait pu tomber à l’eau, mais non. Marielle Philip s’est accrochée à son idée pour le moins insolite mais ô combien éco-responsable, et elle a eu raison. Aujourd’hui, elle prouve qu’avec des peaux de poissons destinées à la poubelle, on peut faire des merveilles.

Transformer des produits de la mer en véritables accessoires de mode, Marielle Philip ne l’aurait jamais imaginé. Même si pour cette jeune femme de 29 ans, travailler les mains dans le Grand bleu, c’est de famille. Son grand-père et son père ont été pêcheurs et sa mère fait partie de l’association Femmes de mer en partage. C’est d’ailleurs grâce à elle que Marielle a découvert le tannage des peaux de poissons. « Lors d’un voyage en Suède, ma mère a assisté à un défilé de mode où les mannequins portaient des vêtements en cuir de saumon », raconte-t-elle. Séduite par l’élégance des produits présentés, dès son retour elle parle de cette découverte à sa fille.

@Femer

Marielle Philip, co-fondatrice de Femer.

« À l’issue de mes études, un master 1 en droit de l’environnement puis un master 2 en gestion des littoraux, je n’ai pas trouvé de travail qui me correspondait, se souvient Marielle. J’ai alors repensé à l’idée de ma mère : fabriquer du cuir avec des peaux de poissons. Et je me suis dit pourquoi pas. » Ni une ni deux, elles montent leur startup dès 2013 dans le bassin d’Arcachon. L’entreprise Femer était née.

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Un produit écoresponsable

C’est dans le garage de la maison familiale que les deux femmes installent d’abord leur atelier. « Ma mère est partie se perfectionner en Laponie où elle a appris les bases du tannage », précise Marielle. Les premiers essais avec des peaux de truite, de sol ou encore de bar sont assez concluants. « Aujourd’hui, le produit a atteint une certaine qualité pour pouvoir correspondre aux critères qu’attendent le luxe », se félicite la jeune entrepreneuse. Le cuir de poisson est d’ailleurs une excellente alternative aux cuirs exotiques comme le cuir de crocodile ou de serpent. « Les peaux que nous utilisons sont toutes destinées à être jetées, c’est de la récupération. On ne tue pas exprès les poissons et on limite la quantité de déchets », soutient-elle.

De sensibilité écolo, Marielle tient également à ce que sa production ait un impact minimal sur l’environnement. C’est pourquoi elle a privilégié des produits végétaux plutôt que des produits chimiques comme le chrome pour tanner les peaux. Elle utilise notamment un tannin à base d’écorces de mimosa, une plante invasive dans la forêt à côté de la dune du Pilat.

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… et tendance

Chaussures en cuir de poisson

« Au début, les gens trouvaient qu’il s’agissait d’un projet un peu farfelu. Mais le fait qu’un jury professionnel me décerne un prix a donné du crédit à mon produit », explique Marielle qui, en 2015, a reçu le Oyster Trophy Entreprendre ainsi que deux prix BGE du concours Talents dans les catégories « Audace » et « Economie sociale ».

Depuis son activité s’est considérablement développée. Marielle travaille désormais avec plusieurs créateurs français de la région Aquitaine, heureux de pouvoir utiliser et sublimer cette matière noble et insolite qu’est le cuir de poisson. La marque Paskap! a, par exemple, fabriqué des chaussures pour bébés, le maroquinier Daguet a confectionné des bracelets, des sacs et des porte-clés. « J’aimerais aussi investir le secteur du vêtement, souhaite Marielle. Prochainement, je l’espère, vous pourrez peut-être porter un blouson en cuir de saumon. »

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Retrouvez l’article « Plastique : Alternative Action ! » dans la 10ème édition d’UP le mag

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