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Jeune dessinatrice de 33 ans déjà très populaire, Pénélope Bagieu présente, dans Les Culottées (Gallimard Jeunesse), le parcours de femmes engagées dans différentes périodes historiques. Pour UP le mag, elle nous donne sa vision de l’engagement, et aussi d’un monde qu’elle veut résolument meilleur pour les générations futures.

Il y a 3 ans, vous avez publié une BD inspirée d’une conférence de Claire Nouvian sur le chalutage en eaux profondes. Que vous inspire ce sujet ? Et plus globalement celui de l’environnement ?

Le chalutage est une pratique très destructive, utilisée pour des raisons qui ne sont pas les bonnes. Cela ne nourrit pas beaucoup de gens et ça ne crée pas forcément beaucoup d’emplois. C’est un bon exemple de destruction de la planète au profit de lobbies industriels, et d’opacité des institutions, ce qui fait que les gens ne sont pas au courant. Le travail de Claire est un travail d’investigation, c’est un coup de projecteur sur des pratiques malhonnêtes. Elle a réussi à obtenir gain de cause très tardivement. C’est l’Europe, récemment, qui a obligé la France à se positionner sur ce problème. Sur l’environnement de façon globale, je crois qu’on vit avec cet engagement, à partir du moment où l’on a les yeux ouverts et qu’on vit dans ce monde arrivé au maximum de ses ressources le 8 août dernier. Ce n’est donc pas un sujet, mais notre urgence numéro un. Nous n’avons pas le choix.

Le fait de médiatiser le problème a-t-il fait avancer les choses ?

Oui, bien sûr. Pour que cela soit un sujet gênant, un caillou dans la chaussure des élus, il faut que beaucoup de gens en parlent. Il faut qu’ils aient peur de ne pas être réélus, puisqu’il n’y a que ça qui marche. Il faut que les gens viennent leur tirer la manche en demandant des comptes, des explications. Pour cela, il faut que les gens soient sensibilisés. Dans le cas du chalutage, il y a eu une double mobilisation par le bas. Les gens jouaient le jeu en allant interpeller directement leurs députés sur Twitter par exemple. Ils s’en sont aussi pris à Intermarché [l’enseigne a été accusée de pratiquer le chalutage en eaux profondes, ndlr]. L’affaire a été remontée jusqu’aux franchisés d’Intermarché qui ont conseillé à l’enseigne de vite arranger ça. Cela donne foi en ce genre d’initiatives, car ça prouve que quand on est nombreux, on a une vraie force de pression. Il suffit de s’y mettre à beaucoup.

Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour une société plus durable ?

Si je savais, je me présenterais aux élections (rires) ! Plus sérieusement, je pense que ce qu’il faut, c’est de ne pas rejeter la responsabilité sur l’autre, et accepter de prendre les siennes. Il faut aussi accepter le fait que ce n’est pas facile. J’ai l’impression que nous sortons d’une période angélique où nous pensions que faire des gestes pour l’environnement allait être indolore, comme couper l’eau quand on se brosse les dents par exemple. Nous rentrons dans une phase « rouge » où on a compris qu’il fallait un peu plus d’efforts, de sacrifices. On pourrait, par exemple, moins prendre l’avion, quand on sait qu’avec un Paris-Nice, on explose son bilan carbone de l’année. Manger de la viande est aussi une catastrophe pour l’environnement, même si j’adore le steak ! Il faudrait donc moins en manger. Cela ne va donc pas être facile, mais il faut faire ces efforts.

Je crois que le féminisme vous tient aussi pas mal à cœur ?

Je ne peux pas, dans ma tête, faire abstraction des choses qui me préoccupent au quotidien. Le féminisme, pour le coup, me préoccupe un million de fois par jour, puisque je vois tous les jours des choses à régler. Mais il n’y a pas de volonté de parler de ça à tout prix.

couv_up13Retrouvez la suite de l’interview de Pénélope Bagieu dans la 13ème édition de UP le mag

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