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De la cuisine d’antan, livrée sur le lieu de travail… C’est l’idée développée par les Toulousaines Coline et Kylia. Une manière de contribuer au renforcement du lien social avec les seniors.

Il est fréquent de ne pas savoir quoi manger entre midi et deux, et ne pas forcément miser sur la qualité. De quoi faire regretter les repas de sa grand-mère, préparés avec amour et patience. Ce sont les ingrédients secrets qui manquaient terriblement à Coline, cofondatrice de Mamie Régale. « Il y a plus d’un an, elle revenait d’un tour du monde culinaire, et lorsqu’elle a repris le travail, la cantine où elle déjeunait ne proposait pas une nourriture de qualité. L’idée lui est venue comme ça », explique aujourd’hui son associée, Kylia Claude.

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La brigade des mamies

Marc est aux fourneaux ! Crédit photo : Mamie Régale.

Marc est aux fourneaux ! Crédit photo : Mamie Régale.

Les jeunes femmes de moins de trente ans se sont donc lancées à Toulouse. Leur concept : proposer un menu à 12 euros (plat + dessert) avec des repas préparés par des seniors avec des produits de saison, le tout livré au travail. « Les gens donnent leur position via notre plateforme, et voient les différents papis et mamies sur leur secteur et les plats qu’ils proposent pour midi, développe la jeune femme, mais il faut savoir que sur une zone, il n’est possible de commander une fois par semaine. Par exemple, dans le sud de Toulouse, c’est tous les jeudis. »

Sur l’élaboration des plats et l’implication des seniors, il y a plusieurs étapes. Un employé de la startup, nommé le toquet, joue le rôle de lien entre les mamies et les clients. Il va à la rencontre des futurs chefs pour évaluer leur envie, les jours où ils peuvent cuisiner… Après cette rencontre, il voit avec eux comment s’organiser avec les contraintes de temps, de coûts de production, d’élaboration de recettes de saison… et fait office de goûteur officiel ! « La meilleure part du job », s’amuse Kylia Claude.

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Pouvoir d’achat et lien social

De leur côté, les seniors peuvent travailler une à deux fois par semaine, par tranche de deux à trois heures, et doivent élaborer une cuisine simple. « Ils proposent trois formules : une avec du poisson, puis avec de la viande et une autre végétarienne », complète la cofondatrice de Mamie régale.

Pour le moment, la formule semble convenir à tous ! Du côté des mamies, personne n’a arrêté, ce qui est plutôt bon signe pour les deux entrepreneuses : « ça leur permet de trouver ce qu’ils cherchent dans le concept ». D’ailleurs, aux fourneaux, elles sont sept et… un papi, à régaler les papilles !

Pour Marc, Paulette, Christine et les autres, Mamie régale permet d’égayer la retraite à plusieurs niveaux. « Certains sont attirés par la possibilité d’augmenter leur pouvoir d’achat » commente Kylia Claude. « Il faut savoir que le minimum vieillesse, c’est 600 euros aujourd’hui donc pas grand-chose. Pour d’autres, c’est la possibilité de recréer du lien social, ou même les deux !»

En tout cas, le concept repose clairement sur la personnalité des mamies, faisant le lien entre les plats et leur cuisine. Une jolie manière de montrer qu’après la retraite, le lien avec les seniors est toujours possible, même dans le monde de l’entreprise. D’ailleurs, Mamie régale cherche à s’implanter un peu partout en France, et s’est lancée dans une campagne de crowdfunding dans ce but. Avis aux amateurs !

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