Les objets connectés propagent des ondes. C’est un constat simple, et pourtant il soulève de nombreuses polémiques. Au centre de ces débats : électro-hypersensibilité, troubles du sommeil ou du comportement, développement de cancers et de tumeurs… Les ondes sont accusées de bien des maux. Ironique, pour ces nouvelles technologies censées améliorer la santé.

Protégez vos enfants ! Le 8 juillet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a rendu publique une expertise relative à l’exposition aux radiofréquences et ses effets potentiels sur la santé. Il a été démontré que « les enfants peuvent être plus exposés que les adultes en raison de leurs spécificités morphologiques et anatomiques », sans pour autant souligner un quelconque risque avéré pour leur santé.
Alors que l’agence a émis une liste de recommandations visant à « adapter les valeurs limites réglementaires afin de réduire l’exposition des enfants aux champs électromagnétiques », Janine le Calvez, présidente de l’association PRIARTéM (Pour Rassembler, Informer et Agir sur les Risques liés aux Technologies Electro Magnétiques, ndlr) regrette la politique actuelle de l’Éducation nationale.

« On lance des tablettes dans les écoles, avec du wifi dans toutes les classes. C’est dramatique ! D’ailleurs, je pense que la ministre de l’Éducation devrait s’inquiéter de son avenir. Elle est en contradiction avec les recommandations de l’ANSES ! », dénonce-t-elle. « Les normes actuelles ne protègent pas les enfants », conclut-elle, après avoir lu le rapport de l’agence. « L’exposition est de plus en plus précoce ! »

« Un électrocosme de plus en plus complexe »

Wifi, Bluetooth, réseaux de téléphonie mobile, infrarouges… Les objets connectés se multiplient de plus en plus vite. Résultat ? « On vit dans un électrocosme de plus en plus complexe, il y a de plus en plus de fréquences, de types de signaux… », analyse la présidente de PRIARTéM. Sophie Pelletier, ingénieure en biologie et porte-parole des électrosensibles, fait le tri dans ce nid à ondes.

« Celles classées possiblement cancérigènes par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont les radiofréquences. C’est-à-dire qu’elles sont comprises entre 9 kilo hertz et 3 méga hertz. C’est un panel assez large », commente-t-elle. Les signaux GSM se situeraient autour de 900 mhz et 1900 khz, et « certains wifi montent jusqu’à 5 giga hertz ». Mais ce qui alerte vraiment l’ingénieure, ce sont les « objets connectés de demain, qui émettront des ondes entre 50 et 60 giga hertz ».
Portée par le boom des portables et du wifi, l’exposition aux ondes va crescendo depuis le début du 20e siècle. Cependant, il est difficile aujourd’hui d’en évaluer les conséquences et de dresser un bilan. « On n’a pas un recul suffisant sur la question. Par contre, au vu des connaissances que l’on a actuellement, on sait qu’il faut prévenir et tirer la sonnette d’alarme », explique Sophie Pelletier. Janine le Calvez soutient qu’il faut faire attention. « Il y a eu une étude pilotée par un comité de chercheurs qui montre que les ondes ont des effets au niveau de la mémoire », affirme-t-elle.

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