L’éco-colocation a la cote en France. Certains l’ont adoptée depuis longtemps sans y mettre cette étiquette, mais, ce qui est sûr, c’est que de plus en plus de personnes tentent l’aventure. Témoignages.

Faire attention à ses déchets, manger bio, voire produire aussi des légumes dans son jardin, apprendre une autre manière de vivre ensemble… Ces préoccupations deviennent de plus en plus importantes pour les Français. Cette volonté de mettre en pratique les principes et les idées expliquent l’engouement pour l’éco-colocation.

« Il y a aussi la dimension du vivre ensemble »

Certaines d’entre elles se sont même faites une petite notoriété. Située à Bourg-la-Reine, en Île-de-France, la Maison bleue partage son expérience sur le web depuis juin 2015. « Le projet de base, c’est de vivre avec une empreinte écologique la plus faible possible », explique Edouard, l’un des membres

L'éco-collocation, une histoire de potes. Ici, Edouard (à droite) et ses collocs. Crédit : La maison bleue

L’éco-colocation, une histoire de potes. Ici, Edouard (à droite) et ses colocs. Crédit : La maison bleue

fondateurs de la coloc. Il ajoute : « L’écologie c’est vaste, il y a aussi la notion de vivre ensemble. Le but c’est que chacun puisse s’intégrer et non qu’on installe un diktat d’écolos un peu fous ! Au début, nous étions huit, nous sommes désormais 11.»

Héloïse, aussi, s’est lancée dans l’aventure, mais à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), il y a quasiment deux ans. Dans son éco-coloc, 75% de ce qu’elle consomme avec ses colocs sont des produits bio, autant au niveau des aliments que pour les produits ménagers. « On a un compost, qui sert pour le potager. On fait aussi partie d’une AMAP, donc on va y récupérer notre panier toutes les semaines, ainsi que les œufs et le pain », décrit-elle. Même type de procédé du côté de la Maison bleue, avec en prime, un système de répartition des tâches bien rodé : l’alimentation, les déchets, l’énergie, l’agriculture urbaine, puis un « pôle » construction et recyclage.

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Un mode de vie plus économique

Outre la mise en application de valeurs communes, ce qui fait le succès de ces éco-colocations, c’est la dimension « bon plan » qui accompagne le projet. « On fait les repas ensemble, donc toutes les courses sont communes », détaille Héloïse, avant d’ajouter : « C’est ça qui est bien, dès que tu achètes en gros, tu diminues beaucoup les prix. Et puis, c’est pas mal d’être nombreux pour cuisiner à tour de rôle, pareil pour aller chercher les produits à l’AMAP.» Pour Edouard, « ça devient une espèce de laboratoire pour nous et l’extérieur. Certains étaient aussi déjà dans cette mouvance – faire du compost, aller faire de la récup des invendus… – mais ne mettaient juste pas ce nom là-dessus. On met maximum 50 euros de nourriture par mois, par personne. En vivant ainsi, on a tous réduit nos dépenses. »

A Bourg La Reine, il y a de la place pour tout le monde ... Même les poules cohabitent ! crédit photo : La maison bleue

A Bourg La Reine, il y a de la place pour tout le monde … Même les poules cohabitent ! Crédit photo : La maison bleue

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Si ce système existait déjà sans nom spécifique, il a tendance à s’élargir en France. Il n’est pas rare de tomber sur des annonces en ligne, que ce soit sur les plateformes de location classiques comme Le Bon Coin ou spécifiques comme le forum du mouvement Colibris et Immobilier écologique, de personnes souhaitant tenter l’expérience.

Certains cherchent aussi à s’organiser auprès d’associations. « Depuis deux ans, nous avons lancé Oasis, pour développer des lieux de vie et de ressources comme les éco-hameaux ou des habitats participatifs, expose Mathieu Labonne, directeur du mouvement Colibris, l’une des formes est notamment l’éco-colocation. On s’est rendu compte qu’il y a beaucoup de colocations en France ». Le mouvement a donc publié un guide de l’éco-colocation, avec l’association Ekolok, un réseau d’éco-colocation qui se développe peu à peu… La tendance est partie pour durer. D’ailleurs, que ce soit Edouard ou Héloïse, chacun se voit mal retourner vivre seul ou dans une colocation plus « basique ». Pour eux, l’expérience leur permet surtout de s’ouvrir à d’autres milieux et de vivre avec des amis !


Petits conseils d’éco-colocs

Règle n°1 : Bien choisir les personnes, que chacun ait envie d’apporter quelque chose au projet…

Règle n°2 : Ne pas planifier, pas trop cadrer dès le début et que chacun soit libre

Règle n°3 : Avoir confiance en ces colocs

Règle n°4 : Une bonne coloc’ doit être festive aussi !


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