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Espagne ? Hollande ? Italie ? Non, Picardie ! C’est l’accroche qu’on peut lire sur le site de Kelbongoo, une initiative solidaire qui propose des produits fermiers frais et locaux dans l’est de Paris. La promesse ? Une plus grande qualité au même prix et surtout une rémunération équitable pour les producteurs.

La production agricole intensive pose de nombreux problèmes pour la santé et l’environnement. OGM, produits phytosanitaires, additifs ou encore conservateurs, permettent un quota de production optimal ainsi qu’une bonne tenue du produit durant les transports et sur les étalages, mais ont de graves conséquences sur la santé humaine.

pomme Kelbongoo

100 pommes de supermarché seraient aujourd’hui nécessaires pour atteindre le taux de vitamine C d’une pomme en 1950 (source : Worldwatch Institute / pexels).

En parallèle, les acteurs de la grande distribution font jouer la concurrence pour acheter au meilleur prix et s’assurer des marges toujours plus importantes.

Le tout, au détriment des petits producteurs, qui peinent à vivre de leur travail et de la qualité nutritionnelle des aliments, relayée au dernier plan. Un bilan pas très glorieux qui pourrait changer grâce à l’engouement des consommateurs pour les circuits courts.

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Une alternative à la nourriture industrielle des supermarchés

Depuis quelques années, les plateformes de vente en ligne émergent. Parmi elles, Kelbongoo distribue dans l’Est parisien des fruits et légumes, mais aussi de la viande, des produits laitiers et de l’épicerie sèche, issus d’une quarantaine de fermes de Picardie. « Nous avons deux objectifs, souligne Charlotte Ciabrini, chargée de communication et cofondatrice de l’entreprise sociale, soutenir les producteurs en rémunérant correctement leur travail et rendre accessible aux personnes à faibles revenus des produits fermiers de qualité, de saison et locaux ».

« Les fruits et légumes sont au même prix qu’au supermarché mais pour une qualité supérieure », assure Charlotte Ciabrini. « Pour la viande, on restera sur des prix de boucheries car les prix dans les supermarchés ne sont absolument pas tenables ». Même chose pour les produits laitiers. « Ce sont des prix qui tuent les producteurs, qui ne rémunèrent absolument pas leur travail », dénonce-t-elle, faisant référence à la crise laitière. 77 % du prix de vente final est, ici,  reversé aux producteurs. Une alternative qui leur permet d’être moins dépendants des grandes enseignes. « Le bouche à oreille fonctionne très bien », affirme la co-fondatrice, contactée régulièrement par de nouveaux producteurs.

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Une entreprise sociale au cœur des quartiers

Deux fois par semaine, Kelbongoo fait donc le tour des fermes, bio pour certaines, afin de récupérer, en vrac, les commandes en ligne de quelques 400 consommateurs. L’équipe se charge ensuite de préparer les paniers, que les clients récupèrent dans la boutique, située dans le 20ème arrondissement. Un quartier, choisi à dessein, car la population ne figure pas parmi les plus aisées de la capitale.

Deux autres boutiques ouvriront bientôt leurs portes (à Goncourt et Maraîcher) et un projet de halle alimentaire, avec la mairie de Paris, est sur les rails dans les 10ème et 14ème arrondissements. À l’origine, la vive protestation d’un collectif citoyen contre l’ouverture d’un Daily Monop’ au rez-de-chaussée d’un HLM. Un appel à projet, à caractère plus social, est alors lancé par la mairie, qui a retenu Kelbongoo pour une expérimentation dès 2017.

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Retrouvez l’article « Quelle cuisine pour vivre longtemps ? » dans la 11ème édition de UP le mag

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