•  
  •  
  •  

Un diplôme de français reconnu pour les réfugiés et les demandeurs d’asile, oui, mais pas seulement… L’association Thot cherche avant tout à leur permettre de démarrer une nouvelle vie.

C’est une association loi 1901, mais aussi une école. Elle s’appelle Thot. Comme le dieu égyptien du savoir, qui, selon la légende, aurait inventé le langage afin de disséminer la connaissance. « Ça allait très bien avec l’idée qu’on se faisait de l’école », confie Héloïse Nio, avant d’ajouter : « On voulait un nom facilement prononçable, mais sans forcément le mot « réfugié » pour arrêter un peu la stigmatisation et ne pas les mettre dans une case. »

L’association inscrit les apprenants – originaires d’Asie centrale et du Moyen-Orient pour la plupart – au diplôme DELF (Diplôme d’étude en langue française), reconnu internationalement. Pour résumer l’esprit : « L’unique activité de Thot est exactement la même qu’une école », comme le précise la jeune femme.

« Nous comblons le vide de formation stable »

Vice-présidente et co-fondatrice de l’association, basée dans le 19ème arrondissement de Paris, la jeune femme a commencé à s’impliquer sur le terrain. C’est là qu’elle a rencontré les deux autres fondatrices : Judith Aquien et Jennifer Leblond. « Tous les réfugiés qu’on aidait demandaient où prendre des cours de français », se rappelle Héloïse Nio, avant de poursuivre : « Il existe de nombreuses structures dispensant des cours de FLE pour les migrants. La demande est cependant tellement forte que ces associations sont débordées de demandes, tout comme nous. Nous comblons le vide de formation stable, dispensée par des professionnels du FLE, intensive, gratuite et de qualité. »

Qu’offre donc Thot ? Avec une adhésion de sept euros, chacun des quarante élèves âgés de 18 à 55 ans a donc 16 semaines de cours, à raison de dix heures par semaine, sans compter les ateliers créatifs ou de réinsertion professionnelle. Chaque classe est composée de 10 apprenants.

Un projet concrétisé par un financement participatif

Toute une équipe a été mise en place : une direction pédagogique, des professeurs, une psychothérapeute, une référente pour les élèves et les bénévoles. Parmi ces profils : on trouve des personnes pour le tutorat, l’accompagnement pendant les cours, pour des ateliers créatifs (comme le dessin, le chant ou le théâtre), ou encore des sorties.

Une formation qui a vu le jour grâce à une campagne de crowdfunding. « De nombreuses institutions nous ont encouragés, mais souhaitaient que l’on fasse nos preuves avant de s’engager financièrement avec nous, explique Héloïse Nio, c’est ainsi le cas de l’État. Nous sommes en train de construire les accords de financement, mais nous ne pourrons pas les avoir avant 2017, ce sont des procédures très longues. » Pour elle, la participation citoyenne était le seul moyen de démarrer rapidement, mais aussi de former une réelle communauté autour du projet.

Entre le 12 avril et le 23 mai 2016, les trois jeunes femmes et leur équipe ont récolté près de 66 000 euros pour financer la première session. Il est possible de faire des dons pour financer la deuxième (qui débutera en novembre 2016), pérenniser Thot et, au mieux, augmenter les effectifs à Paris, avant de pouvoir s’implanter ailleurs en France.

Vidéo de présentation pour la campagne de crowdfunding (crédits: Thot)

Magazine UP le mag n°12Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article « Réfugiés, exilés: quand les assos pallient aux failles de l’Etat » dans la 12ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !


  •  
  •  
  •  
Info inspirante ?
Avis des lecteurs 3 Avis

Commentaires