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Donner une seconde vie aux fruits invendus ? C’est le combat des confitures Re-belles. Trop moches, trop murs, trop colorés, trop difformes, trop gros… Les fruits écartés du panier sont surtout trop nombreux. L’initiative compte bien les mettre dans nos assiettes, et lutter par la même occasion contre le gaspillage alimentaire.

45% de la production de fruits et de légumes de nos producteurs locaux finirait à la poubelle, selon une estimation de la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) . Un constat alarmant, qui a poussé Colette Rapp à lancer les Re-belles. « Il s’agit de récupérer les fruits invendus, souvent trop mûrs, ou trop moches, pour en faire des confitures », explique-t-elle.

Dans les cuisines du Baluchon, à Romainville en Seine-Saint-Denis, la confiturière ramène les « rebelles » à la vie. Avec plus d’une cinquantaine de recettes, les petits pots se renouvellent régulièrement. « On essaie de prendre des fruits de saison, mais pas seulement », fait-elle valoir. En effet, l’accent est mis sur l’exotisme, avec par exemple des combinaisons mangue-citron, ou orange-pomme-datte. « Chez Re- Belle, nous avons choisi de ne pas rejeter ces fruits, mais au contraire de les garder pour leur beauté intérieure : le goût ! ». Ici, pas question d’additifs ni de conservateurs. La recette est simple : « des fruits et du sucre ».

À lire: Pomme : « Moche, et alors? »

Ne pas juger un livre à sa couverture

Les confitures re-belles sont faites avec des fruits invendus

La seconde vie des fruits moches ©Re-Belle

Plus qu’une simple production, c’est aussi un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire. C’est en organisant des Disco Soupes, ces évènements solidaires mixant musique et distribution alimentaire, que Colette Rapp prend conscience de l’ampleur de la quantité de nourriture gâchée. « En participant au mouvement, j’ai compris que la quantité de fruits perdus était énorme. C’est ce qui nous a lancé, d’anciens disco-soupeurs et moi, dans le projet des Re-belles ». Avec ses 500 pots de confiture produits par semaine, à partir de 3,80 € pour 230g, l’initiative est un succès.

Ainsi, les confituriers lancent leur projet en février 2016. Accompagnés par l’association «A table citoyens », qui œuvre depuis 2012 à améliorer l’accès des citoyens à une alimentation équitable, ils créent plusieurs emplois pour personnes en réinsertion. Une entreprise locale, selon Colette Rapp. « Pour l’instant, il s’agit vraiment de rester en Île-de-France. Nos confitures sont distribuées uniquement dans des épiceries fines de la région », confie-t-elle. En effet, les points de vente sont regroupés sur Paris et dans le 93. D’ailleurs, la petite équipe se rend tous les vendredis sur le marché de Romainville pour la collecte hebdomadaire. « Pour le moment nous nous concentrons sur l’Île-de-France. C’est déjà un beau challenge ! » Il faudra donc attendre avant de voir les rebelles envahir les épiceries ou les supermarchés, qui sait. Il semblerait que Monoprix, Carrefour, et Simply Market soient déjà intéressés par la commercialisation de ces produits.

Carte des magasins vendant des confitures Re-belles

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Retrouvez l’article « Anti gaspillage dans les marchés de gros » dans la 5ème édition d’UP le mag

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