Être chef d’entreprise et vouloir grandir, c’est une grosse responsabilité. Ça l’est d’autant plus lorsqu’on dirige une entreprise sociale. UP le Mag vous explique quelles sont les bonnes questions à se poser avant de se lancer.

Une entreprise sociale doit toujours réfléchir à son impact social et environnemental, mais elle doit aussi avoir un modèle économique viable et rentable. « Le processus naturel d’une entreprise est de grandir, innover et essayer de conquérir de nouveaux marchés, et pour cela souvent, elle a besoin d’investir dans du capital humain, industriel, de la recherche et du développement », explique Jacques Dasnoy [fait partie du GROUPE SOS, éditeur de UP le mag, ndlr]. Vice-président du Comptoir de l’Innovation, l’homme de 37 ans fait partie d’une entreprise qui a deux missions : faire émerger de nouvelles entreprises à fort impact social et environnemental et investir.

Pour lui, le changement d’échelle s’accompagne de valeurs : privilégier l’emploi et l’humain, favoriser le réinvestissement des bénéfices, s’appuyer sur une gouvernance désintéressée et respecter l’échelle des salaires. Quelle que soit la taille de l’entreprise sociale, son but doit rester le même : mettre l’efficacité économique au service de l’intérêt général.

Changer quand c’est utile

Concrètement, il faut que le chef d’entreprise sache changer quand c’est utile économiquement et socialement. Pour Jacques Dasnoy, il faut aussi «  trouver le partenaire financier qui comprend votre modèle d’entreprise et s’intéresse comme le chef d’entreprise, à démultiplier son impact économique et social ».

Au pied du Garlaban, à Aubagne (Bouches-du-Rhône), Laurent Laïk, 46 ans, revient sur le développement du groupe La Varappe. Nous sommes à la mi-avril, dans ses locaux au milieu des pins, en périphérie du centre-ville et le chef d’entreprise nous fait visiter. Décontracté, il a développé trois branches d’activités : le travail temporaire, les métiers de l’environnement avec la gestion des déchets, de l’eau et des espaces verts, et enfin, la construction de bureaux ou de logements avec des containers maritimes en fin de vie.

Comment garder mon identité en grandissant ?

Tantôt blagueur puis très sérieux sur les affaires, Laurent Laïk explique qu’une « entreprise à vocation sociale comme la [sienne] a trois caractéristiques. Elle est un vrai projet économique, mais a aussi un projet social bien défini. Ici, c’est permettre à des personnes éloignées de l’emploi d’y accéder. Enfin, nos entreprises sont très attachées au lieu où elles exercent l’activité donc la question s’est posée : comment garder ça tout en développant notre croissance ? » En effet, la Varappe s’est agrandie au fur et à mesure en créant ou rachetant de plus petites entreprises.
Pour lui, l’autre interrogation, c’est bien évidemment l’identité même de La Varappe. « On a fait tout un travail sur qui on est, pour qu’on puisse l’expliquer aux entreprises, mais aussi adopter leur culture à eux et nos fondamentaux », explique-t-il, « avec 4 000 salariés dans le groupe, on ne les connaît pas tous. Comment arriver à mettre en œuvre un projet social à impact fort ? Il a fallu se réinventer, échanger avec les entreprises des autres régions et nos salariés ».

Pour aller plus loin :

“Le changement d’échelle demande du courage aux entrepreneurs sociaux”

Entreprises de l’ESS: quand peut-on changer d’échelle ?

Entreprises sociales : comment grande dans de bonnes conditions ?

Changement d’échelle dans l’ESS : “il n’y a pas de stratégie type”

ESS : l’infographie des différentes stratégies pour grandir

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