En France, de nombreux mégots de cigarettes sont jetés par terre alors qu’ils pourraient être collectés en vue d’être… recyclés en nouveaux objets. Des entreprises ramassent les mégots dans les bureaux.

Été 2013. Il trouve la plage trop sale à son goût. Abdes Bengorine, volontaire, se munit alors d’une bouteille en plastique vide et ramasse, chaque jour, les mégots de cigarettes jetés par les passants.

Comme les Français consomment environ 50 milliards de cigarettes par an, nous pouvons considérer que plusieurs millions de mégots terminent leurs courses sur la voie publique. Abdes Bengorine s’amuse à les compter : au quotidien, il en stocke plus de 1 000 en deux heures de travail de ramassage.

Trois ans plus tard, il continue de jouer à Monsieur Propre : il a lancé son association à Marseille, Recyclop. « La clope fait partie des objets les plus jetés par l’Homme et représente dans la Méditerranée près de la moitié des déchets aquatiques, estime-t-il, or, elle déteriore la qualité de l’eau. » Le mégot met en effet plus de 12 ans à se dégrader au sol.

Des cendriers de poche

Abdes Bengorine, à travers l’association qu’il a créée, véhicule son message via des ramassages mensuels et lors d’interventions dans des universités, par exemple. Il distribue gratuitement des petits cendriers de poche. « C’est pratique, chacun peut l’emmener partout », sourit-il, avant d’ajouter qu’il souhaite que chaque fumeur change de comportement.

L’association les stocke dans les bars et chez les particuliers. Mais Abdes Bengorine aimerait aussi proposer à l’horizon 2017 des « ecollecteurs » de cigarettes à des entreprises. Puis assurer le ramassage.

L’idée : envoyer, ensuite, ses stocks au centre de tri de l’entreprise Terracycle, spécialisée dans le recyclage des objets… non-recyclables, comme les dosettes de café, les stylos usagés et, donc, les mégots.

Que deviennent vos mégots ? 

Terracycle, née aux États-Unis, se charge de séparer la matière organique, composée du papier, de la cendre et du tabac (destinée au compostage), de la matière plastique, c’est-à-dire le filtre, qui pourra alors servir à la création de nouveaux objets.

Comme il n’y a pas encore de centre de transformation en France, Terracycle les envoie en Grande-Bretagne afin que les mégots retrouvent une seconde vie sous forme de… plaques de plastique, revendues pour le bâtiment.

En France, la collecte en est à ses balbutiements, mais des entreprises commencent à récupérer les mégots dans les bureaux et les collectivités. Comme à Lyon avec Cy-Clope ou en Bretagne avec Eco Action +, présente à Brest, à Rennes et à Castres, dans le Tarn.

Cette dernière n’enverra bientôt plus ses stocks à Terracycle. « Nous concevons notre propre centre de transformation, le premier en France », glisse Bastien Lucas, le gérant. Pour l’instant, la jeune entreprise n’a récupéré que 300 kilos en tout depuis son lancement. L’objectif ? Collecter une tonne de mégots par mois dans le but d’utiliser le plastique recyclé (et recyclable) pour fabriquer de A à Z… des cendriers !

« Nos déchets, un défi pour la ville » (extrait de la 11ème édition d’UP le mag)

Infographie dechiffrage déchets
Infographie déchiffrage déchets

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Retrouvez l’article « Objectif zéro gâchis » dans la 8ème édition d’UP le mag

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