Véritables moteurs de mobilisation citoyenne, les pétitions en ligne cartonnent ! Comment s’organisent ces revendications ? Sont-elles réellement impactantes ? Peut-on parler de démocratie connectée ? Zoom sur un moyen d’expression 2.0.

Avec le web, les pétitions connaissent un nouvel élan et voient l’émergence de grandes plateformes de mobilisation citoyenne comme Avaaz, change.org ou wesign.it. Permettant plus de réactivité et un engagement facilité, notamment pour les citoyens peu politisés, le concept gagne en notoriété. En 2013, 4 à 6 millions de Français auraient signé une pétition en ligne, selon Le Monde.

Signer ou faire signer, telle est la question

Vous souhaitez vous engager en quelques clics ? Sélectionnez sur une plateforme la cause qui vous anime. Participer, par exemple, au mouvement pour sanctionner les banques après le scandale des Panama Papers ou soutenez l’accueil de réfugiés.

Lancer sa propre campagne devient aussi extrêmement simple. Pour Sarah Durieux, directrice des campagnes à change.org, « chacun peut faire un pas dans l’engagement citoyen en lançant sa pétition en ligneRécemment, des familles ont réussi à sauver des classes en campagne et obtenir un impact direct sur leur vie quotidienne », raconte-t-elle.

De multiples impacts

Pas systématique, l’impact est tout de même concret pour de nombreuses campagnes. « Des pétitions vont aboutir avec une centaine de signatures tandis que d’autres vont en avoir des millions et plutôt lancer des débats ou des mouvements, comme Nuit Debout », poursuit-elle, faisant également référence à la pétition « Loi travail : non, merci ! », qui a déjà recueilli 1 307 813 soutiens !

Pour Sarah Durieux, les pétitions en ligne sont parfois un moyen de se reconnecter avec l’action politique ou de se mobiliser au-delà de la signature. « Beaucoup de personnes vont mener des actions en soutien comme envoyer des courriers, des tweets, se mobiliser dans la rue ou lancer des actions coordonnées ».

La pétition du collectif Georgette Sand, qui exigeait que la TVA des produits d’hygiène féminins passe de 20 à 5,5%, a abouti avec seulement 27 530 signatures. « C’est peu sachant qu’elle a un impact fort sur les recettes de l’Etat (environ 55 millions d’euros par an, ndlr). Mais les pétitionnaires ont été extrêmement actifs », précise-t-elle.

Une démocratie plus participative

Au-delà des citoyens ou des organisations, certains politiques usent aussi des pétitions en ligne. « Ça a été le cas pour la question des menus végétariens dans les cantines. Le député UDI, Yves Jégo, a soumis le vote au parlement seulement après avoir lancé sa pétition », lance-t-elle, arguant qu’elles participent à la construction politique.

Sur change.org, un outil, nommé « décideur », permet même aux politiques de répondre directement aux pétitionnaires. « Najat Vallaud-Belkacem est la ministre qui utilise le plus cet outil pour entrer en communication avec les signataires », confie Sarah Durieux. La démocratie connectée, plus participative, semble alors faire tomber certains clivages entre la classe politique et les citoyens.

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Ce sujet vous intéresse ? Retrouvez l’article « La mobilisation en ligne change le monde » dans la 7ème édition d’UP le mag.

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