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Jardins partagés, potagers sur les toits, friches végétalisés, l’agriculture urbaine n’en finit pas de susciter l’engouement des citadins. Effet de mode ou mouvement durable, quels sont les atouts de ces pratiques agraires pour la ville et ses habitants ?

En plein boom, l’agriculture urbaine séduit les plus grandes métropoles du monde. Toits végétalisés à New York, jardins ouvriers à Amsterdam, fermes high-tech en plein Shanghai, le phénomène ne semble reconnaître aucune frontière et surtout pas celle de notre cher hexagone. Apparus il y a près d’une quinzaine d’année à Paris, les jardins partagés, portés le plus souvent par des associations et encouragés par les politiques municipales, se sont multipliés. On en dénombrait 150 en Ile-de-France en 2013 dont 80 à Paris intra-muros. À Marseille, un millier de petites parcelles accueillent 30 hectares de cultures potagères.

Un retour à la nature

Les problématiques liées au développement durable n’ont pas échappé aux citadins. Conscients des changements climatiques et des méthodes de production parfois douteuses des grands industriels de l’agroalimentaire, certains citoyens ont décidé de se tourner à nouveau vers la nature et de verdir chaque espace disponible. Bien qu’il soit parfois coûteux d’aménager une étendue originellement urbaine, « en ville, il y a de nombreuses surfaces inutilisées et l’agriculture y a complètement sa place ! », explique Swen Deral, co-président de l’association La SAUGE, qui organise, les 19 et 20 mars, « les 48 heures de l’agriculture urbaine ». Il faut dire que l’agriculture urbaine a de solides arguments. Elle permet non seulement une meilleure gestion des biodéchets de chacun mais aussi une réduction conséquente des émissions polluantes. Produits directement en ville pour ses habitants, l’empreinte carbone des fruits et légumes cultivés sera bien moindre comparée aux produits de supermarché fabriqués à l’autre bout du monde. Mais « pour le moment, c’est surtout une agriculture de démonstration, plutôt qu’une agriculture de production. Il peut y avoir des systèmes productifs en ville, mais c’est plus dur », estime Swen Deral, pour qui le phénomène devra s’inscrire dans la durée. « Ça va nous être nécessaire dans les temps à venir, avec le changement climatique, la transition écologique… », ajoute-t-il.

Un lien social renforcé

Au-delà d’être respectueuse de l’environnement, l’activité agricole citadine rassemble. Jardiner devient un moment de partage, un instant ludique où l’on peut transmettre ses connaissances et son savoir-faire ou, à contrario, les apprendre. En témoigne l’événement créé par La SAUGE. Au programme des « 48 heures de l’agriculture urbaine », de nombreuses initiatives de végétalisation. Créations de potagers, semis de coquelicots et de tournesols, ateliers de jardinage, l’événement parisien s’annonce festif et joyeux. « C’est l’occasion de végétaliser la ville pour la venue du printemps », précise Swen Deral qui co-organise ce festival champêtre qui se déroulera dans une quarantaine de lieux parsemés à travers la capitale. Des intermèdes musicaux sont également attendus en soirée. « On veut donner envie aux gens de s’y mettre ! ». Convaincu ? Retrouvez des initiatives agricoles dans toute la France sur le site et l’application YesWeGreen by GreenRaid.

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Pour aller plus loin : dossier spécial – Retour vert le futur – Ces métiers qui feront l’environnement de demain

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