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Cyril Dion et Mélanie Laurent racontent, dans « Demain », leur tour du monde à la recherche de pionniers qui portent des initiatives positives et concrètes. Un documentaire césarisé incitant de nombreuses personnes, qui ont vu le film, à modifier leurs comportements. Et à agir pour l’environnement.

 

C’est l’histoire d’un succès, celui du film « Demain », réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Il a obtenu, le 26 février, le César du meilleur documentaire, triomphe en salles depuis sa sortie en décembre dernier, avec plus de 500 000 entrées, au compteur. Et ça continue, encore et encore. C’est que ce tour du monde à la quête de porteurs de projets et d’initiateurs de solutions en termes d’agriculture, d’énergie, d’éducation, plaît. Il a le mérite d’ouvrir le débat et de faire réfléchir. Mieux : il incite certains à se bouger et à modifier leurs comportements au quotidien.

Pour Adam Forrai, juriste de 26 ans, « Demain » a servi de déclic. « Auparavant, je ne m’intéressais pas beaucoup à l’écologie et à la protection de l’environnement, car les personnes travaillant dans ces domaines ne font pas partie de mon entourage quotidien », admet-il. Mais depuis le visionnage, tout a changé, pour lui : « Je suis beaucoup plus assidu sur le tri sélectif, j’ai un intérêt accru pour l’agriculture biologique et j’essaie de consommer moins de produits sur-emballés. Je ne connais pas encore de système de monnaie alternative dans mon quartier, mais je soutiendrai toute initiative à l’avenir. »

Jardin partagé et circuits courts

Romain Mouton, fondateur de l’agence de communication RM conseil, renchérit : « Très concrètement, en sortant du cinéma, le week-end dernier, j’ai envoyé des SMS à des amis élus en leur demandant s’ils avaient déjà réfléchi à mettre en place une monnaie locale. Le documentaire est très pédagogique sur ce sujet. »

Sur l’alimentation, il était déjà conscient des vertus du bio – d’ailleurs, il s’était inscrit, en début d’année, à La Ruche qui dit oui, permettant de lier producteurs locaux et consommateurs : « Mais je n’avais pas encore commandé . » Ce sera bientôt chose faite, puisqu’aujourd’hui, il se montre, tout simplement, plus vigilant lors de ses achats.

« Le film a touché les gens, jeunes et moins jeunes », résume le curé Jean-Marie Lioult, à la tête de la paroisse Saint-Etienne en Drouais, à Dreux. Celui-ci, après avoir participé à une avant-première du film en compagnie du réalisateur Cyril Dion, a organisé, le 6 décembre 2015, une marche pour le climat, dans sa commune. Quelques centaines de personnes se joignent à lui – dont Cyril Dion, co-fondateur du mouvement Colibris. La plupart des participants avaient vu « Demain ». Des groupes de travail informels se mettent en place tant pour améliorer le menu des cantines scolaires que pour trouver un terrain en vue de concevoir un jardin partagé. Jean-Marie Lioult est enthousiaste : « Beaucoup se disent que l’écologie peut créer de l’échange. ».

«Un phénomène de société»

Le curé, un brin écolo sur les bords, fait partie des convaincus, comme Marina Offel de Villaucourt, une juriste parisienne, membre de France Nature Environnement. Le film l’a conforté dans ses choix de comportements – elle consomme par exemple de nombreux produits bio depuis quelques temps. «  Mais cela m’a motivé à faire encore plus d’efforts. » Sa sœur, qui est venue voir « Demain » avec elle, privilégie, également, dorénavant des produits de saison.

Et, une fois le film vu, ceux qui l’ont aimé tentent d’en faire la promotion. Adam Forrai, par exemple, ne cesse de vanter le mérite de « Demain » et il semble assez fier d’avoir convaincu un ami de souscrire « à un fournisseur d’électricité responsable ».

Marina Offel de Villaucourt estime, elle, que « le film touche un public assez large ; et pas uniquement les « bobos ». » Fabien Pérouse,  porteur de projet pour Anciela, une pépinière d’initiatives citoyennes située à Lyon, abonde dans son sens : « « Demain » a semble-t-il touché des personnes assez éloignées du monde associatif.» Certaines structures remarquent qu’elles sont davantage sollicitées depuis la sortie du film : « Quelques personnes, sensibilisées par le film, sont venues à des événements organisés par Anciela ou l’antenne lyonnaise d’Alternatiba, le mouvement valorisant les solutions contre le dérèglement climatique », poursuit Fabien Pérouse, qui alimente une page Facebook mettant en avant des informations positives. « Le film agit comme un phénomène de société et capte l’attention. » En somme, il met la lumière sur les initiatives et indique que chacun peut bel et bien agir. Sans attendre… demain.

up91

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