Il est bien difficile de trouver sur le marché des produits à la fois high-tech et fabriqués de manière éthique. Espérant changer la donner, une association allemande cherche à développer la souris la plus équitable possible. Un projet qui témoigne de la difficulté à créer un marché équitable dans ce secteur.

Le café, le chocolat et le coton équitables ont réussi à se tailler une place jusque dans les supermarchés. En revanche, du côté de la téléphonie et de l’informatique, c’est le néant. A part le smartphone équitable Fairphone, il n’y a pas d’offre de produits high-tech fabriqués dans des conditions décentes d’un bout à l’autre de la chaîne.

Pour changer la donne, l’association allemande Nager IT a décidé de se lancer dans un projet plus ambitieux qu’il n’y parait : une souris d’ordinateur équitable. Avec l’espérance de faire souffler un vent nouveau dans ce secteur. «Tant qu’il n’existe pas d’alternative aux produits non-équitables, les grandes entreprises électroniques établis ne verront pas une raison de bouger et de changer fondamentalement leur mode de production, puisque sans alternative équitable, il n’existe pas de risque de marché pour eux », écrivent les Allemands sur leur site.

Le casse-tête des matières premières

Dans la plupart des produits high-tech, les matières premières utilisées pour les composants sont extraites dans les conditions de travail difficile, parfois par des enfants. C’est le cas en particulier des métaux comme le cuivre, l’étain, l’or, ou le coltan, dont beaucoup de mines sont situées en Afrique, par exemple en République Démocratique du Congo.

En apparence, la souris commercialisée par Nager IT n’a rien de spécial. C’est une souris optique, avec une roulette et deux touches, au design épuré. Mais la différence avec d’autres produits, c’est qu’une grande partie des pièces sont fabriquées dans ces conditions de travail acceptables, par exemple dans des entreprises sociales allemandes.

Nager IT reconnait que son produit est actuellement «deux tiers équitable». Car pour les composants qui proviennent de pays comme la Chine et le Congo, elle ne peut garantir les conditions de production. Ainsi pour la puce, elle fait appel à un fabricant chinois, mais dispose de peu d’information sur l’origine des matières premières utilisées (silicium, or, matières plastiques).

L’association témoigne de sa difficulté à trouver des sources «fiable et éthique». Mais elle ne compte pas s’abandonner en si bon chemin et travaille déjà sur un second projet de souris, qui serait encore plus équitable.


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