70% d’entre nous ont une intelligence visuelle. Alors si une image valait mille mots ? C’est ce que les adeptes du doodling, la facilitation graphique, tentent de prouver à coups de schémas, croquis, flèches et nuages.

«Cette approche des idées par le dessin m’est venue lorsque je travaillais dans l’aménagement du territoire. On avait des tonnes de réunions et tout le monde perdait son temps : celui qui parlait, ceux qui écoutaient. J’ai alors cherché des outils pour que les gens se comprennent et se sentent impliqués », raconte Julie Boiveau.

C’est ainsi que la Nantaise a rejoint les adeptes de ce qu’on appelle « la facilitation graphique » (doodling en anglais). Elle intervient désormais au sein de séminaires d’entreprises, pour que les réunions changent de tempo et que les salariés puissent échanger efficacement. À croire qu’elle n’est pas seule à penser que les gribouillis changent les façons d’interagir !

La méthode, utilisée depuis les années 70, séduit à présent les managers. « Cette communication par le dessin, les gens l’utilisent déjà mais ne le savent pas : on trace souvent automatiquement un carré par ci, un bonhomme par-là, quand on explique un processus à un collègue », poursuit la jeune passionnée.

En usant d’un langage visuel ultra simplifié, sorte de smileys, reliés par des flèches et quelques mots, cette démarche permet en quelques traits d’éviter le compte-rendu de 20 pages que personne ne lira. « Surtout : on épure le message et on imprime mieux les infos à retenir. » Le dessin, ludique, didactique, joue donc un rôle de rassembleur.

Gérer les malentendus

« Imaginons, des voisins qui souhaitent installer un compost de quartier. Ils peuvent dessiner en trois traits la boite de compost, ses étages, les habitants, les maisons. Sur cette base simple de compréhension, l’initiateur peut faire des flèches pour expliquer le processus, ou vers quoi il aimerait tendre. »

Les concernés ont le même aperçu du projet et peuvent interagir sur le dessin et le faire évoluer avec leurs idées ou questions. La facilitation graphique est d’ailleurs conseillée pour éviter les conflits : « Les zones de crispation sont sur le papier, on a un vrai média d’échange. Il nous sort de nos susceptibilités ».

Autre avantage tout le monde peut s’accaparer cet outils à tout âge et tout niveau. « Car il ne s’agit pas de peindre la Joconde, ce sont des traits super basiques », insiste Julie.

 Cet article est issu du UP mag n°9

Auteur : Jeanne La Prairie


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