Un pic de pollution s’est abattu hier sur la région Ile-de-France. Alors que la circulation alternée se décide automatiquement dès la prévision d’un pic de pollution depuis le 30 septembre dernier, aucune mesure n’avait été décidée dimanche. « Un retard à l’allumage » selon la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal.

Dimanche 1er novembre, Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air, prévoyait un épisode de pollution aux particules fines lundi en Ile-de-France. La concentration de particules fines PM10 allait être comprise entre 55 microgrammes et 65 microgrammes par mètre cube au maximum et devait donc dépasser le « niveau d’information », c’est-à-dire le niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles au sein de la population (personnes âgées, femmes enceintes, jeunes enfants, personnes asthmatiques ou ayant des pathologies cardio-vasculaires…). Pour autant, aucune mesure n’a été mise en place pour réduire les émissions polluantes.

Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon montent au créneau

Devant l’inertie du préfet de police à appliquer des mesures, la maire de Paris, Anne Hidalgo et le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, ont demandé dimanche à l’Etat, dans un communiqué commun, « des mesures immédiates », notamment « de mettre en place sans attendre la circulation alternée, le contournement de l’Ile-de-France par les poids lourds de transit et la baisse de la vitesse maximale autorisée ». Si les deux dernières mesures ont pu entrer en vigueur dès lundi, la circulation alternée n’a quant à elle pas été mise en place. La faute à qui ? Depuis le 30 septembre dernier, si des élus demandent la mise en place de la circulation alternée, suite à  un pic de pollution prévu par Airparif, le préfet peut valider la demande sans attendre le feu vert du gouvernement. Or, dimanche dernier, Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon ont fait la demande auprès de la préfecture 1h après l’alerte d’Airparif. Sans réponse…

« Un retard à l’allumage » selon Ségolène Royal

Selon la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, les délais étaient serrés pour mettre en place la circulation alternée. « Pour déclencher une circulation alternée à 17H00 pour le lendemain, il faut quand même un petit délai, ne serait-ce que pour que le dispositif soit mis en place », a expliqué la ministre, actuellement en visite en Chine avec François Hollande pour lancer un appel franco-chinois pour lutter contre le réchauffement climatique. Toutefois, elle reconnait que la démarche était réalisable mais que la préfecture n’a pas été réactive. « Il faut que la préfecture de police arrête de renvoyer la balle vers le ministère de l’Ecologie », déclarait-elle avant de relativiser, « il y a un petit retard à l’allumage ».

« Il faut de l’automaticité » dixit Anne Hidalgo

Invitée sur France Inter lundi matin, la maire de Paris demandait à Ségolène Royal de clarifier les choses. « Il faut de l’automaticité dans le déclenchement des procédures d’alerte et de circulation alternée. Dès qu’on a les chiffres à la mi-journée, il devrait y avoir, sans qu’on soit obligé de passer par des autorités ministérielles le déclenchement de certaines mesures » affirmait Anne Hidalgo. Visiblement agacée par l’évènement, qui n’est pas sans rappeler les épisodes de pollution du mois d’avril dernier, la maire de Paris lançait au micro de France Inter : « il faut vraiment qu’on aille plus vite et plus loin ». « Je pense qu’il y a beaucoup de frilosité de la part, pas simplement de la ministre, mais de beaucoup de gens qui considèrent encore que le modèle de la voiture individuelle est le seul modèle qui vaille », accusait la maire de Paris. Dans le même temps, Airparif annonçait, à la mi-journée, la surestimation de sa prévision et assurait que le niveau ne dépassait finalement pas le « niveau d’information ». « Les concentrations en particules fines se sont révélées beaucoup plus faibles que ce qu’on avait prévu, du fait d’une amélioration des conditions météo », a indiqué l’association de surveillance de la qualité de l’air. La suite au prochain épisode (de pollution).


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