Le 14 octobre dernier, le gouvernement a annoncé mettre fin à plus de 30 ans d’avantage fiscal du gazole par rapport à l’essence. Une mesure attendue depuis longtemps par les écologistes et les institutions sanitaires.

Secoué par le scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen, le gouvernement a décidé, le 14 octobre dernier, de mettre fin à l’avantage fiscal du gazole en instaurant « le principe d’un rapprochement en cinq ans entre le prix du gazole et celui de l’essence », a annoncé Matignon. L’objectif ? Stopper la diésélisation massive du parc automobile français.

Le gouvernement entend rectifier le tir de façon progressive sur une période de cinq ans. Dès 2016, la taxation du diesel augmentera d’un centime par litre, puis un centime supplémentaire est prévu en 2017. A contrario, la taxation de l’essence perdra un centime par litre en 2016 et un autre en 2017. Le budget « carburant » des ménages qui roulent au diesel va donc s’alourdir mais l’exécutif prévoit d’utiliser ces recettes pour baisser les impôts locaux des français aux revenus modestes.

Le gouvernement a également annoncé qu’il va renforcer la prime à la conversion des vieux véhicules diesel. Instaurée depuis avril 2015, la prime concernait les véhicules immatriculés avant le 1er janvier 2001. La prime sera donc doublée et les modèles de plus de 10 ans seront dorénavant concernés.

La France, grosse consommatrice de diesel

Aujourd’hui, un litre de diesel est taxé environ 47 centimes contre 62 centimes pour un litre d’essence. Une différence significative qui pousse toujours les ménages et les constructeurs automobiles à se tourner vers les moteurs diesel. En recul depuis quelques années, le nombre de véhicules à moteur diesel représentait encore 64% du parc automobile français en 2014. Actuellement, le gazole est largement le carburant le plus consommé en France puisqu’il représente 80% des volumes de carburant écoulés.

Un impact environnemental et sanitaire déplorable

Diesel et essence polluent mais pas tout à fait de la même façon. Les moteurs diesel rejettent deux fois plus d’oxydes d’azote tandis que les catalyseurs sur les moteurs essences permettent de réduire le rejet de polluants. Autre mauvais point pour les moteurs diesel et pas des moindres, ceux-ci rejettent 30 fois plus d’oxydes de benzopyrènes, des particules fines dangereuses pour la santé. En 2012, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaissait d’ailleurs officiellement le caractère cancérigène des moteurs diesel, à l’origine d’allergies et de maladies cardio-pulmonaires. Selon une étude de la Commission Européenne, la pollution atmosphérique causerait la mort prématurée d’environ 42 000 personnes en France chaque année.


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